Jeudi 2 juillet 2009 à 1:11



Vous le savez, car à force de vous l’enfoncer dans le crâne avec la délicatesse d’un panzerkampfwagen, j’ose espérer que c’est acquis pour mon lectorat : je n’attends pas grand-chose de cette masse difforme qui arpente les recoins de ce monde, et qu’on nomme « le pauvre ». Tous leurs trucs, je les connais. Depuis l’inévitable indien victime du tsunami jusqu’à l’enburkée à genoux psalmodiant « s’i vous plêêêê, pou li z’enfaaaaaants !» au coin de ma rue, depuis l’irremplaçable ivrogne bourré à la villageoise jusqu’au jeune anticapitaliste dreadeux chaussé de rangers de récup’ et d’un treillis, qu’on trouve généralement vautré à côté des distributeurs de billets, du plus affligeant des mutilés de je ne sais quel coin reculé où l’on règle encore (Dieu merci) les conflits à la machette, en passant par le soixante-huitard sur le retour à la calvitie naissante,déchiré à la bavaria 8.6, vous proposant des œuvres originales d’artistes officiant dans une prétendue MJC (œuvres qui s’avèrent être de grossière photocopie bas de gamme qu’un œil pourtant bien mal en point pourrait repérer bien aisément tellement c‘est gros), et ceci sans oublier de cette liste qui ne saurait être exhaustive sans devenir une copie de ma liste noire d’êtres abjectes à abattre quand on se sera décidé à me filer le pouvoir, l’immanquable pseudo-voyageur (sans bagages of course) à qui il ne manque, comme par hasard, qu’un euro cinquante pour son billet de train qui démarre dans une demi-heure, je pense avoir été confronté à ce que la nécessité et la pauvreté offre de plus gratiné.
Pourtant, il existe une nouvelle race de pauvres, mendiants ou affiliés. Il existe un homme qui m’a touché, en faisant appel à la seule chose pour laquelle j’ai un tant soit peu de respect; l’humour.
Toi qui ne lis certainement pas ces lignes parce que ça m’étonnerait que tu disposes d’une connexion internet sous ton pont, je tiens à te rendre un vibrant hommage, car là où tes congénères dépravés ont cédé à la facilité en tentant maladroitement de jouer sur la pitié, tu as opté pour la misère joyeuse.
« Pour le caviar, le champagne, la Ferrari et la maison à St trop’ » affichais tu fièrement sur ta petite pancarte de carton, étendard de ta paresse réjouissante.

http://groumf.info/imageblog/miserejoyeuse.jpg

Lors d‘une  rude  journée de travail à arpenter les rues de Marseille, maudissant ceux qui comme toi se doraient la pilule au soleil dans des vêtements de pouilleux, suintant la vinasse par tous les pores de la peau, il t’a suffit d‘un nouvel appel subtil à la générosité « Il me manque juste un million d’euros pour devenir riche » pour me faire sourire. Pas ce sourire crispé de citadin trop négligeant pour voir une telle force de caractère chez un pauvre clochard de merde, non, ce vrai sourire que j’affiche rarement lorsque je dois affronter la populace sudiste aux âcres relents de transpiration et de mauvais goût affiché.
Si tu inspires la pitié, c’est bien malgré toi. Forcément, on peut pas aussi te demander de bien te saper pour faire la manche, ce serait peut être poussé le culot et l’humour douteux un peu loin. Te laver serait un plus, mais bon.
Non mec, toi t’es là, avec tes fringues à l’arrache, parfois même avec un peignoir aussi miteux qu’un vieux chat, ta binouze à la main, et une clope dont on se demande si elle n’est pas quelque peu agrémentée d’une manière ou d’une autre par quelques herbes aromatipsychotripantes, ce qui expliquerait ta paire de lunette de soleil ne laissant pas deviner si tu as l’air rieur ou défoncé. Avec la classe Dudesque d’un grand Lebowski, ta nonchalance assumée attire, je dois l’admettre, la sympathie, et tes messages pleins d’ironie valent tellement mieux que tous ces discours stridents de crève-la-dalle dont on nous harcèle les tympans toute la journée. Ces tirades plaintives et mensongères ne me font que plus facilement vomir depuis que j’ai croisé ton chemin, toi qui ne te cache guère en nous signifiant par ton manque de sérieux que de toute façon, notre argent étanchera ta soif, et rien d’autre.
Et quelle leçon tu donnes à ces veaux syndiqués, ces retraités, ces salariés anxieux et ces inadaptés pleurnichards adipeux, qui baissent les bras face à la crise, et ne font que se plaindre à longueur de temps de ce qu’ils n’ont pas encore perdu : Leurs emplois, leur fierté, leur argent.
Oui mon ami clodo, contemple du haut de ton j’m’en-foutisme quelle exception tu es, toi que la pauvreté n‘a pas fait sombrer dans la morosité. Non franchement, je te tire mon chapeau. J’irai même jusqu’à dire que parmi toutes ces sous-merdes qui jalonnent nos rues et qu’on pendrait haut et court si la justice des Hommes n’avait pas, depuis belle lurette, fait son coming-out pour devenir une lavette effacée ne cédant plus aussi facilement que par le passé à l’ire de la vindicte populaire, j’ai presque du respect pour toi. Presque. Parce que quand même, c’est pas parce que tu es pauvre que tu dois nous ressortir inlassablement les mêmes cartons. Ils sont drôles, d’accord, mais les rediffusions, ça va cinq minutes.

Par contre c’est pas parce que tu me fais marrer que je te filerai du fric, enculé de pauvre. ‘Faut pas déconner non plus.



(Cet article est dédié à tous les mendiants du monde à qui je ne filerai jamais rien,  d'où qu'ils soient, quoi qu'ils demandent, surtout s’ils déclarent des conneries bien cocasses, sous forme de slogans,  apposées sur des panneaux de merde, dans le but  pour nous soutirer quelque chose.)

Par Tote le Jeudi 2 juillet 2009 à 18:53
Une fois j'ai donné un sandwich à l'un de ces cons et il me l'a lancé à la tête. Môsieur voulait de l'argent.
Par atom-of-the-end le Jeudi 2 juillet 2009 à 23:02
La formule consacrée dans ce genre de situation est "salauds de pauvres" :)
Par Deathknight le Vendredi 3 juillet 2009 à 1:10
Héhéhé, j'ai VRAIMENT adoré la chute.
On aurait dit un peu du Didier Super dans le style.

A Caen, y a pas beaucoup de cloches du genre, toutefois, on peut aussi rire avec ceux qui arborent des pancartes en y relevant les fautes à voix haute tout en se moquant allègrement et gratuitement de ces pauvres démunis (pléonasme).

C'est bon d'être une raclure quand même.


D'ailleurs, toujours à Caen, y en a un qui traîne et qui aborde les gens sans leur dire un mot, juste un "b'jour" empli de sympathie et de bonhommie monotones. Et le mec vous colle une feuille dans les mains pour que vous la lisiez et lui filiez des sous pour subvenir aux besoins d'autant de bonnes causes qu'il n'a de papelards à exhiber... Pour dépenser le tout dans un Mc Do :)
Par Luyana le Vendredi 3 juillet 2009 à 9:02
Ceci me rapelle une soirée non lontaine, autour d'un tonneau, entre deux guinness et un pastis, à finalement maudire ces vendeuses de roses nous accostant tous les quarts d'heure...
'vraiment aucune compassion ces gens. A nos verres, ne voyaient elles pas que nous avions claquer tout notre argent pour noyer notre chagrin de citadins opprimés ? !
Pour nous aussi les temps sont durs. ( quand il faut choisir entre une pinte et un pastis ).
Ce soir, rebelote. :)
Par silverthorn le Vendredi 3 juillet 2009 à 9:44
Et moi j'ajouterais qu'à la limite je préfère qu'on me présente la couleur d'emblée plutôt qu'on essaye de m'entuber avec divers moyens plus ou moins bien réalisés.
Le problème étant que le nombre de pauvres se multiplie de jour en jour, même dans les plus petites villes de Province. Bientôt le sport national ne sera plus la pétanque mais la mendicité, et je ne peux pas dire que ce soit un progrès. La pétanque n'est déjà pas un "sport" que je porte franchement dans mon coeur, mais là...
Par Abu Bakr le Vendredi 3 juillet 2009 à 10:39
C'est mal de plagier Didier Super.
Par Plaiethore le Vendredi 3 juillet 2009 à 11:34
Abu Bakr, et c'est mal de plagier les connards qui se complaisent à toujours comparer l'humour des uns avec celui des autres.
Cela en devient une véritable pathologie sociale cette histoire de comparaison forcée... mais ça se soigne ; il faut juste te taper le crâne sur les murs des chiottes chaque matin et chaque soir en espérant se remettre en place un tant soit peu ta maigre cervelle.

M'énerve ça !

Cher et Fol Ami, je l'ai croisé moi zaussi ce drôle de type, sur un quai du Vieux Port plus précisément.
Par Plaiethore le Vendredi 3 juillet 2009 à 11:35
Et l'on ôte le doublon, parce que l'on m'aime très fort :)
Par Plaiethore le Vendredi 3 juillet 2009 à 11:59
"Jo contessa"... il se met des plumes dans le cul maintenant !
En fait le Abu machin de la contessa EST un véritable con, non un plagieur, de la très grande famille des gros cons qui ne sont pas encore descendus de leur arbre. Z'ont pas encore fabriqué l'échelle...
Par LateLament le Vendredi 3 juillet 2009 à 14:58
Bizarrement je t'imaginais ultra-gauchiste tendance anarcho-altermondialiste :)
Par atom-of-the-end le Vendredi 3 juillet 2009 à 18:50
@ Deathknight : La comparaison est flatteuse :)
pour la petite différence de clodos, faut dire qu'à Marseille, c'est gratiné.

@ Luyana : Tu l'auras constaté, s'il y'a bien un point commun entre ton bourguignon et moi même, c'est bien le peu d'hésitation que nous manifestons dans le choix entre une bonne bière et un pastis.
A mon avis on va encore être chargé niveau clodos ce soir :D

@ Silverthorn : D'un autre côté, si on fusionne les deux sports, ça peut être sympa de jouer à la pétanque avec un pauvre en guise de cochonnet.

@ Abu Bakr : Juste un conseil : Je me doute qu'avec un pseudo pareil, le français ne soit une de tes prédispositions, mais je te conseille sympathiquement d'ouvrir un pavé nommé "dictionnaire" pour y découvrir le véritable sens du mot "plagiat", et ainsi éviter d'employer maladroitement des mots trop compliqués pour ton petit cerveau.
Par contre je l'admet, il y'a un ou deux clins d'oeil à Didier Super (Le titre pour commencer), mais ça ne s'apparente pas à du plagiat, ça s'appelle une "référence". D'autre part s'il fallait s'arrêter de traiter de certain sujet sous prétexte que d'autres les ont déjà traité, on serait mal barré.
Pauvre con va.

@ Plaiethore : Merci pour vos interventions (même doublonique), j'ajouterai une chose néanmoins, il est tout a fait inutile de répondre à cette larve de CONtessa, ses commentaires étant automatiquement et systématiquement viré. Vous me connaissez, en quatre ans j'ai laissé les pires imbéciles s'exprimer en toute liberté, mais lui fait exception, la stupidité du personnage et le caractère particulièrement immoral de ses relations avec la jeunesse de cette plateforme par le passé en fait un être peu recommandable, juste pour ça. Ce n'est pas parce qu'il est "corrosif" comme il aime à le penser, c'est juste parce que c'est un détraqué sénile qui écrit comme le chimpanzé incestueux qu'il est, et qu'on m'a expressément demandé de contribuer, dans la mesure du possible, à la limitation de ses interventions sur cowblog, chose que j'accepte volontiers, c'est un jouet qui s'use trop vite, un chien qu'on abandonne sur l'autoroute et qui tente désespérément de revenir à la niche.

@ Latelament : Même que j'ai un sac besace avec la tronche du Che dessus. Yeah.
Par Plaiethore le Samedi 4 juillet 2009 à 12:01
Je prends note très cher : ne pas nourrir le troll pédophile...
Par Plaiethore le Samedi 4 juillet 2009 à 12:01
Je prends note très cher : ne pas nourrir le troll pédophile...
Par Plaiethore le Samedi 4 juillet 2009 à 12:02
Bon, je suis désolé, mais ma souris déclique... je crois que je vais devoir lui arracher la kike ;)
Par Luyana le Samedi 4 juillet 2009 à 15:24
hey ! c'était bien le cas :D
En plus d'une grande découverte : le clodo qui puait l'encens ! encore un à rajouter à la liste.
Par hèkate le Vendredi 24 juillet 2009 à 10:25
un dérapage digital,et me voilà ici...En Touraine il y a des traînes-misères qui parlent à des fantômes, qui dorment avec des chiens sur le trottoir...des vieilles aigries qui ronchonnent...des jeunes très tristes qui rient très fort,d'autres qui lisent des livres en silence...
Hécate
Par atom-of-the-end le Vendredi 24 juillet 2009 à 11:03
Il y'a, comme vous le faites remarquer, chère Hécate, une certaine poésie qui se dégage de la misère, et qui ne passe guère inaperçue aux yeux d'un sadique amateur de bons mots.

Et je suis flatté de ce dérapage digital, moi qui dérape si souvent chez vous, par le biais du même virage qui vous a conduit chez moi je pense, mais qui reste silencieux.
Par Hékate le Vendredi 24 juillet 2009 à 14:53
Des dérapages en communs! Fichtre!...Le mien fût tout à fait provoqué par ma maladresse légendaire,et je suis stuféfaite et bien amusée et ravie de découvrir que vous veniez chez moi...puisque c'est ainsi,la prochaine fois ,n'hésitez point à me laisser quelques mots si vous en avez l'inspiration, le fil d'archal est largement ouvert.Je me tue à le dire,mais il doit y avoir des sourds ,ou ,pire, qui doutent de ma sincère proposition.
Votre réponse me donne bien envie de déraper volontérement vers chez vous...Oui,j'avoue.
Bien à vous.Hécate
 

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