Mardi 26 septembre 2006 à 18:59



C'était par un dimanche ensoleillé que ma femme et moi même nous sommes rendus à la gare saint-charles de Marseille pour récupérer le premier arrivant d'une mini-rencontre cowvivor, préparée intimement et sans grande prétention. Arrivés pile-poil à l'heure, nous attendions le train provenant de Bordeaux. Après quelques minutes d'attentes, nous vîmes l'illustre Super-admin en personne, le célèbre joKeR.  Impassible, le regard perdu vers les poutres métalliques soutenant le toit de la gare, la fumée de sa cigarette virevoltant au gré de la légère brise matinale, il forçait le respect, perdu qu'il devait être dans ses récurrences spirituelles dont lui seul à le secret. Des récurrences que quelques heures de trains avaient certainement poussé à l'extrême.
Direction le petit appartement ou nous allions passer ces quelques jours, afin d'y déposer les affaires de l'admin'. Découverte en chemin, pour lui, des spécialités Marseillaise : La puanteur et la saleté. Découverte pour nous une fois à l'appart', d'une des spécialités de joKeR, spécialité dont il ne manquera pas de nous gratifier durant deux jours et demi. Pour les curieux… Disons que c'est une spécialité discrètement bruyante et pourtant très odorante.
Direction le cours Julien afin de nous restaurer, et une fois le repas expédié, nous décidâmes de faire visiter un peu cette ville si parfumée à notre invité. Non content de fournir pour l'occasion ses pires effluves, le Vieux Port nous offrit son pire raseur. Immigré africain semi-clandestin, vendeur à la sauvette d'objet manufacturés, de montres bon marchés et de lunettes de soleil. Le brave homme, un peu perplexe concernant le sexe de joKeR, qualifiera le super-admin de « belle fille ».
La main sur le cœur, il nous jettera d'hideuses statuettes en offrandes pour nous garantir bonheur, amour santé fortune et tout ce que ça implique, cadeaux qu'il nous reprendra bien vite une fois que nous lui auront refusé les quelques piécettes qu'il demandait pour se payer un coup à boire.



Retour à l'appart', afin d'entamer ce qui sera notre principal activité : le visionnage de conneries sur le P.C, l'écoute de musique, et l'échange de fichiers. En début de soirée, nous récupérâmes Samantha et Morgoth. Autant vous dire que ces retrouvailles (Ma douce est moi même avions déjà rencontré les deux prototypes à Nancy) n'étaient pas sans interpeller les quidams alentours, notre façon de nous saluer se résumant à répéter le mot « bite ».
Retour express à l'appart, via le métro, et nos deux nouvelles recrues découvrent à leur tour les charmes olfactifs de cette grande ville qu'est Marseille.
Ensuite, petit détour au domicile régulier de dame Margritis afin d'y récupérer trois matelas pour nos invités. Matelas que nous porterons sur l'épaule, bien alignés les uns derrière les autres, de manière à bien boucher la vue des buveurs en terrasse venus regarder un Match de l'O.M sur les écrans genre t'as-vu-ma-grosse-télé, mis à disposition en extérieur par les cafetiers de la place Castellane. A noter que l'immense statue du rond point de Castellane ressemble à une bite (dixit Samantha).
Durant notre petit transport de matelas, nous devions assumer les regards des miséreux et sans abris de toutes sortes, dormant à même le sol, qui nous traitèrent de clochards à notre passage. Grand moment d'émotion et de rires. . Etait ce injuste de faire remarquer à ces cloportes que nous, au moins, nous avions autre chose que le macadam pour dormir dessus ?

Pour ceux qui s'imagineraient que nous ne sommes que d'affreux soiffards ne pensant qu'à picoler, autant vous dire tout de suite que le fait que nous n'ayons pas racheté de bières nous passa au dessus de la tête, et ce n'est absolument pas pour cette raison que nous sommes sortis manger à l'extérieur. Enfin...c'est un des raisons.
De cette petit sortie restau, et bien, je me souviens avoir découvert qu'il existait aussi crevard que moi sur la bouffe, joKeR faisant preuve d'une galanterie extrême en piquant constamment dans les assiettes des filles, puis me provocant en duel de fourchettes pour gagner une demi crêpe au nutella abandonné par un Morgoth rassasié.
Le soir même, tout le monde sombra devant « l'autre c'est moi » de Gad Elmaleh.
Morgoth et Samantha préférèrent le sommeil à l'absence de sexe, et joKeR, visiblement exténué par son trajet et la journée, s'écroula le premier.

C'est avec une joie certaine, en levant le lendemain matin pour aller bosser, que je réveillai tout ce beau monde. Je les laissai alors loquant devant le P.C, pour les retrouver exactement dans la même configuration zombiesque quatre heures plus tard, en rentrant manger. Ce fut le déclic pour joKeR qui, me voyant me restaurer, réalisa alors qu'il y avait de la bouffe dans l'appartement. Carnage.


Avant que je m'en retourne bosser, les quatre alcoolytes (ce n'est pas une faute, c'est un mixe entre alcooliques et acolytes) me firent part du plan de la soirée : boire de la bière et visionner des films débiles.
Le plan, plutôt bien accueilli par tous, fût mis à exécution un peu avant que je rentre du boulot. Un pack ayant visiblement souffert, je me devais de rattraper le retard. Bière, pizza et films débiles, les trois ingrédients indispensables pour une bonne soirée.

Le lendemain étant férié, il était convenu d'aller pic-niquer et pic-oler sur les îles Frioul (ou du Frioul, ‘fin on s'en fout).
Pour cela il fallait prendre un bateau et accessoirement, puisque c'était le jour où joKeR nous quittait, il fallait donc nous lever tôt. Nous avons émergé vers les 10 heures du matin, et sommes partis vers les onze heures et demi, Margritis et Morgoth entreprenant de faire le concours de celui qui reste le plus longtemps dans la salle de bain. A cette occasion, voulant déloger notre ami chevelu Morgoth, je fus le témoin à jamais traumatisé, de sa nudité, et c'est encore si j'ose ouvrir une porte de salle de bain depuis.
Après une longue marche, nous arrivons au Vieux Port pour prendre le bateau. Timing serré, il fallait prendre celui là et pas un autre.
Bien évidemment, après près de trois quarts d'heure de queue, à l'instant même où vient notre tour, lorsque le guichet est enfin à notre portée, et que l'on compte prendre nos billets, on nous signale que le bateau est plein et qu'il faut attendre le suivant. (F'est pas poffible, f'uis désolé f'est pas poffible.)

 Nous nous rabattons sur le second choix, à savoir, la plage, avec son sable jonché de débris marins et humains.  L'eau est froide, le temps est gris, longue baignade d'environ quatre minutes, et retour sur la plage pour boire et festoyer. Une fois nos estomacs calmés, il se mit à pleuvoir. De la pluie, à Marseille. Incroyable.
Ma solution consistant à prendre un bus, rentrer, nous vautrer devant le P.C et boire pour oublier nos mésaventures a, bien entendu, été accepté à l'unanimité. Retour au « you touch my tralala » quotidien.
 
L'heure du départ de joKeR arrivait à grand pas.    


Nos tentatives pour le retarder et lui faire rater son train se révélèrent inefficace (j'ignore s'il s'agissait d'un accord tacite entre nous quatre de le garder plus longtemps ou si nous sommes réellement des larves lorsque nous nous préparons).
A 16h18 ce mardi 15 août, joKeR retirait son billet à un guichet de la gare, courut vers son train, et à 16h19, il ouvrit de force les portes d'un wagon qui s'étaient fermées sous son nez. Un rapide au revoir, et notre ami nous quittait. Nous avons longtemps couru le long du train qui l'emmena loin de nous, hurlant des insanités qu'il ne pouvait entendre, lui, de son côté, brandissait son majeur.
Nous savions que jamais nous ne pourrions l'oublier, et sa disparition allait profondément nous affecter.


Samantha et Morgoth nous quittaient deux jours après. Longtemps, nos interminables conversations bitesque resteront gravées dans ma mémoire, ainsi que nos nombreux moments de fou-rires, ces moments à part, que la décence m'interdit de vous narrer. ( rien de sexuel, je vous assure). Mais pour l'honneur de certaines personnes, ainsi que par respect pour nos anecdotes personnelles et sexuelles que nous avons échangé, je ne peux rien dire. Cela dit, si certains ont senti leurs oreilles siffler (ou leurs poils pubiens), rassurez vous, c'est normal.
Et alors que eux aussi montaient dans le train pour quitter Marseille, tard le soir, la pluie saluait leur départ, comme à l'instant où joKeR nous quitta. Une fois de retour chez nous, la meuh-box de ma femme et la mienne ne sonnaient plus de la même façon. Les "toupoutous" résonnaient dans le néant. Nos semelles ne faisaient plus "han ! baby !"

Je garde un magnifique souvenir d'une petite rencontre simple et sans prétention, et sans le cacher, j'attends avec impatience le jour où nous nous reverrons. Ce résumé trop exhaustif et ces caricatures de moments marquants ne sauraient dire à quel point ces instants furent exceptionnels, mais même les meilleures choses ont malheureusement une fin.
Monde de merde.







Par Margritis le Mardi 26 septembre 2006 à 19:11
Fuis désolée ! fa va pas êt' poffible.
Par OtheymTheFedaykin le Mardi 26 septembre 2006 à 19:39
vous avez trop matté de "avez vous deja vu" ^^

Dommage que je n'étais pas là ca rj'en ai une ribembelle de films débiles
Par joKeR le Mardi 26 septembre 2006 à 19:47
Ah... ENFIN ! Je n'y croyais plus...

Non mais blagounette mise à part, cette rencontre improvisée fut [également] pour moi un grand moment, et les instants volés que nous avons vécu à la sauvette valent bien tout l'or du monde. Vous valez bien tout l'or du monde, tous les quatre.

J'ai hâte de te revoir.
Par Paracelsia le Mardi 26 septembre 2006 à 21:43
Toupoutoupouuuuuu c'est la libertééééééééé toupoutoupoutoupou!
Viendez mon Norton! *nostalgie*
Par thegrannysmith le Mardi 26 septembre 2006 à 22:24
Oh mon dieu c'est incroyable : Il pleut sur marseille ...
Par Awah.Foundation le Mardi 26 septembre 2006 à 23:10
J'attend surtout que t'ai les couilles de venir hurler Bite dans une ville qui pue pas c'est à dire la mienne
Par Samantha.c4 le Mardi 26 septembre 2006 à 23:17
De grands moments en effet !

D'autant plus que je me suis marrée tout au long du récit (que de souvenirs)
Ah la bite géante, le match de foot avec le train de matelas, les crêpes, les bières, le rat crevé, l'engueulade entre le vieux et joker dans la file d'attente, ma crise allergique, Orgazmo, mais aussi la honte de la jungle et bien entendu toute la troupe qui a composé cette rencontre mythique!

Bon la prochaine ça sera dans un endroit moins odorant par contre...
Par Morgoth le Samedi 30 septembre 2006 à 20:50
Franchement, excellent ^^ Je me suis bien fendu la gueule (et manquer de m'étouffer avec un sandwich) en me repassant ses bons moments.

Viv'ment qu'on r'commence bordel à cul de merde à chier!

Toupoutouuuuuuu!!!!
Par roms le Vendredi 5 janvier 2007 à 5:20
Connaissant Joker depuis plus de 21 ans, j'ateste de la véracité des faits... J ai failli mettre un cadenas a mon frigo a plusieurs reprises :) ... puis pour les petits bruits occasionnels, je lui ai presque tout appris... et maintenant l éleve et le maitre s en donne a coeur joie...
Par http://www.expert-reunion.fr le Mercredi 27 juillet 2016 à 3:51
Timing serré, il fallait prendre celui là et pas un autre.
Par Vans Pas Cher le Vendredi 23 septembre 2016 à 9:06
Timing serré, il fallait prendre celui là et pas un autre.
 

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